« On bouge moins et on mange plus ! » par Edith Knafo

par EDITH KNAFO

À quoi peut bien servir une diététicienne ? "Manger 5 fruits et légumes par jour", ça vous le savez déja. Mais c'est bien plus que ça, nous explique Edith. Tour à tour thérapeute, coach, cuisinière, elle est aussi disponible à tout moment pour ses patients. Par téléphone, par mail, par SMS mais aussi... par Skype.

Un diagnostic par Skype, c'est possible Edith?

Oui bien sûr ! J’ai des patients que je suivais à Toulouse et qui ont quitté la ville pour le travail ou autre. Cela peut arriver de faire la consultation de suivi par Skype, puis ils m’envoient le chèque par La Poste, tout simplement. Par contre je ne le fais jamais en première consultation parce qu’il faut interroger les patients, les peser, les mesurer, etc.

Ca permet un vrai suivi...

Effectivement. Actuellement, je skype deux patientes régulièrement : l’une en Espagne, l’autre à Montpellier... et les patientes sont ravies.

Quand consulter un diététicien ?

Par définition, la diététique est liée à l’alimentation. On se dirige vers une diététicienne soit pour des raisons médicales. Tout d’abord pour des maladies liées à l’alimentation comme le diabète, l’obésité ou les dyslipidémies.

Mais aussi en prévention d’une intervention chirurgicale, d’un surpoids, d’allergies, d’une intolérance alimentaire, etc. Enfin, les gens peuvent venir pour des raisons de bien être ou de confort qui peuvent être d’ordre divers : performance sportive, changement de mode d’alimentation, travail de nuit…

La prise en charge est liée à l’alimentation dans sa globalité : depuis le mode de préparation, jusqu’à la qualité des produits, en passant par le grammage. Et puis se nourrir, c’est grandement psychologique. Il faut respecter un rythme alimentaire et changer la perception que l’on a de son corps. La relaxation joue également un rôle clef.

« Manger Bouger », c’est vraiment ça la clef ?

Oui ! Sous le terme « Manger », on retrouve les fameux 5 fruits et légumes par jour (à l’origine, il devait y en avoir 7). Aujourd’hui tout le monde en parle. Cette campagne a eu un effet très positif en encourageant la population - et surtout les plus jeunes - à consommer des fruits et des légumes.

Marcher 20 min/jour, prendre les escaliers, faire du vélo, pourquoi pas du sport... chacun selon ses aptitudes ! Edith Knafo

Sous le terme « Bouger » on retrouve, entre autres, le sport. Mais il ne s’agit pas seulement de cela : il faut surtout encourager les gens à se dépenser dans la vie de tous les jours.

Bouger, c'est vivre

Sensibiliser les parents, c'est le rôle du diététicien ?

Tout à fait. Les habitudes alimentaires des familles sont grandement responsables... Même si ce n’est pas volontaire. Leur petit déjeuner n’est-il pas trop chargé par exemple ? La réussite de l’éducation alimentaire des plus jeunes dépend donc de la volonté, de l’implication des parents.

Pour certains, cela représente une contrainte trop forte : ils abandonnent. Mais la plupart veulent vraiment s’impliquer. Ils assistent aux consultations, posent des questions, participent avec l’enfant et moi-même à l’atelier : cela marche très bien.

Comment devient-on obèse ? (à part avec l’alimentation)

Il est impossible de répondre de manière simple à cette question. On a longtemps jeté la faute sur la malbouffe. Or on sait aujourd’hui que l’alimentation industrielle, la fameuse junkfood en anglais, n’est pas seule en cause.

Le problème principal, c’est le dérèglement de la balance énergétique. On bouge moins et on mange plus. Bien entendu, d'autres facteurs peuvent entrer en jeu : facteurs génétiques, environnementaux, sédentarité... joli cocktail ! Le risque c’est que la maladie s’installe lentement... On dit souvent que l’obésité est un « tueur silencieux »...

Imaginons que je sois un nouveau patient Édith. Comment se passe ma première visite chez vous ?

La consultation initiale commence systématiquement par une phase de diagnostic qui me permet d’orienter la suite des consultations vers une action thérapeutique, éducative et/ou de prévention. Les consultations de suivi par la suite permettent d’assurer un soin diététique complet avec des actions complémentaires. Dès le départ, nous déciderions ensemble du cycle de suivi, et nous l’organisons ensemble.

J’utilise plusieurs outils. Le fameux ruban pour la taille et un disque de détermination de l’Indice de Masse Corporelle (

IMC

). La balance à impédancemétrie nous donne une idée de Masse Grasse et la Dépense Énergétique au Repos (DER) soit la dépense énergétique minimale pour le fonctionnement et l’entretien de l’organisme.

Par ailleurs, je réalise auprès des patients une enquête alimentaire pour comprendre leurs conditions de vie, leurs goûts, leurs contraintes et l’estimation quantitative et qualitative de ce qu'ils mangent.

Peut-on calculer soi-même son IMC pour savoir si on est dans la norme ?

On le calcule en divisant son poids en kg par la taille en cm au carré.

On dit qu’un IMC normal est compris entre 18 et 25.

Vous une vision particulière du régime...

En effet ! Lorsque qu'on parle de régime on pense souvent amaigrissant, alors que certains régimes sont nécessaires pour prévenir l’apparition de maladies chroniques.

Il y a-t-il de bons régimes amaigrissants ? (...) Mon point de vue c’est que cela dépend de la manière de les utiliser.

Je conseille d’envisager les régimes amaigrissants comme des outils. Edith Knafo

Un outil doit nous convenir et il sert à réparer et à entretenir. On l'utilise temporairement et non en permanence. Par l'outil "régime amaigrissant", je répare en mettant en place de bonnes habitudes alimentaires en accord avec mes goûts, mes contraintes professionnelles et/ou familiales, mon mode de vie, mes objectifs. C’est à dire que le chiffre sur la balance ne peut-être l'unique but.

C'est là que le coaching que je pratique également au cabinet a toute son importance : perdre du poids en travaillant sur soi pour atteindre un mieux être qui évoluera jusqu'au bien être (qu’il faudra alors conserver ). Si je m'écarte de ces nouvelles habitudes j'aurai à nouveau besoin de l'outil pour réparer. L'expérience mérite réflexion : est-ce le bon outil pour moi ou/et ai-je su l'utiliser?

Tous les kilos en trop peuvent-ils disparaître ?

Il est plus facile de traiter la graisse sur les hanches que de la graisse abdominale. La graisse abdominale fonctionne comme une bouteille isotherme. Lorsque l’on remplit une bouteille isotherme avec un liquide chaud, il le reste puisqu’il n’y a pas non plus d’échange avec « l’extérieur » et il faudra redoubler de motivation et d’efforts pour parvenir à ses fins !

Disons qu’il vaut mieux être « poire » que « pomme ». Edith Knafo

Mais il faut y croire ! Avec de la détermination, et du sérieux, il est très largement possible de se débarrasser de ses kilos en trop.