Interview du Dr Gaucher, dermatologue et homéopathe autour du monde

par DR CATHERINE GAUCHER

Dr Catherine Gaucher
Bonjour Dr Gaucher, vous êtes médecin homéopathe et dermatologue à Paris. Vous avez également fondé l’association
Homéopathes Sans Frontières. Pouvez vous nous en dire un peu plus sur votre parcours ?

Bonjour. Alors, pour commencer j’ai fait un certificat d’études spéciales que l’on appelle le CES en dermatologie à Montpellier. Puis en 1984 j’ai créé l’association Homéopathes sans frontières, de là j’ai pu aménager et diriger beaucoup de projets de recherches en homéopathie. Le plus intéressant pour moi fut celui sur le choléra au Pérou (1991-1992). J’ai ensuite travaillé à la Roche-Posay car les eaux thermales étaient pour moi des médicaments naturels et que, apparemment, en Dermatologie, cela apportait beaucoup... J’ai donc voulu vérifier par moi-même.

Enfin, j’ai donné des cours d’homéopathie dans les facultés de médecine et pharmacie et je continue à en donner à Tours, à Poitiers, à Angers et à Montpellier.

Les résultats que vous avez constatés sur les patients traités au Pérou étaient-ils encourageants pour l’homéopathie ?

Oui, on a fait une étude en double aveugle, qui mériterait d’être refaite. L’étude pilote s’est déroulée en 1991, et même pour nous c’était fabuleux. Dès les 20 premiers cas, nous avons pu remarquer davantage d’améliorations que nos voisins qui n’utilisaient pas l’homéopathie.

Quels sont les résultats que l’homéopathie peut amener à la dermatologie ?

L’homéopathie va être efficace sur la majorité des dermatoses. Les dermatoses chroniques peuvent être améliorées grâce à ça, pas guéries. Certaines trouvent en effet leurs fondements dans la génétique et font partie des choses qu’on ne peut pas modifier totalement.

Et les améliorations de santé en général ? On entend souvent dire que l’homéopathie peut être bénéfique pour les personnes atteintes de cancer ? Ce traitement naturel ne serait-il alors qu’un complément d’un autre traitement, ou bien un traitement en soi ?

Il y a en effet des recherches qui portent sur les effets d’un traitement phyto-homéopathique du cancer. On estime qu’il est bon de cumuler ce traitement avec les traitements classiques. Tout dépend évidemment de quoi il s’agit.

Il y a une clinique Suisse qui fait cela depuis très longtemps. J’ai eu l’occasion de voir des patientes traitées pour le cancer du sein avec l’association des deux traitements. Les chercheurs de cette clinique (Lukas Klinik à Arlesheim près de Bâle) annoncent 30% de mieux sur leurs statistiques de cancers du sein...

En définitive, quelle serait selon vous la démarche à suivre pour trouver un bon médecin homéopathe ?

Ce que je conseille serait plutôt de s’adresser aux pharmaciens. Car les pharmacies voient les ordonnances, ils entendent les retours de leurs clients donc ils seront sûrement en mesure de vous conseiller quel médecin homéopathe vous conviendrait le mieux à vous. C’est le rôle des pharmaciens.

Conseillez-vous aux familles de recourir à l’automédication en ce qui concerne l’homéopathie ?

Avec l’homéopathie je n’y vois aucun inconvénient. Je développe cela depuis des années et je pense que c’est très important. Surtout en homéopathie : il n’y a pas de risques, il n’y a pas d’effet secondaire.

En tout cas l’automédication telle que je l’ai développée (j’ai fait des conférences pour les familles au profit d’Homéopathes Sans Frontières) avec des journées ou des demi-journées de formation sur un thème donné au préalable. On appelait cela « homéopathie familiale pratique » et on réunissait des mamans pour leur montrer comment faire pour les enfants en bas âge. Elles apprenaient comment faire des choses utiles et sans risques !

C’est à dire au moins donner directement des médicaments homéopathiques comme Belladonna, Chamomilla, Capsicum pour une Otite, par exemple. Et ça n’empêche pas d’ensuite aller chez le médecin qui mettra un otoscope dans l’oreille pour regarder et un oto-rhino pour éviter que le tympan n’éclate spontanément.

Parallèlement, du fait de votre double activité complémentaire d’homéopathe dermatologue, vous traitez également des problèmes de cellulite. Rapidement, pourriez-vous décrire pour nos lecteurs l’apparition de ce phénomène si commun ?

On distingue 3 formes de cellulites avec différents aspects dominants :

Dans ces conditions, la cellulite que l’on voit est la résultante de ces 3 composantes et il y a toujours plus de l’une que de l’autre.

Vous aurez donc une accumulation de tissus graisseux avec des cellules adipocytaires trop gonflées pour des raisons généralement hormonales, et souvent génétiques aussi. Lorsque ces cellules gonflent, les fibres qui les entourent s’élargissent : cela fait comme un amas de ballons que l’on gonfle et qui ne peuvent plus loger dans les petits emplacements prévus à cet effet. Ainsi les cellules sont trop gonflées, elles se serrent et vous avez ces petites poches qui se forment. C’est ce que l’on appelle la peau d’orange.

La cellulite est plus fréquente chez les femmes car elles ont naturellement plus de graisse et plus de « cellulite ». Elles ont des tissus qui sont plus imprégnés d’eau à cause de leur activité hormonale (œstrogènes). Donc la cellulite est un phénomène hormonal et physiologique, notamment dû à l’eau dans le corps des femmes.

Vous nous avez expliqué quelques unes des différentes facettes de votre métier. Est-ce pour cela que vous avez choisi ce métier ? Il y a bien sûr l’aspect humain qui vous intéresse ?

L’avantage avec la dermatologie, c’est qu’on peut faire de la petite chirurgie en enlevant un grain de beauté, tout comme de l’urgence. Il y a des maladies qui nécessitent l’urgence ne serait-ce qu’un peeling qui fait une mauvaise réaction par exemple... On travaille avec les enfants, avec les personnes plus âgées qui ont des cancers de la peau ou qui ont des choses qui ne leur plaisent pas et qu’ils ont peur de voir se transformer. Les adolescents aussi avec les problèmes liés à l’acné, etc. Donc on voit de tout ! Moi c’est ce qui me plaît le plus. Évidemment quand j’ai choisi cette voie, c’était avant tout pour l’aspect humain, relationnel. J’avais dit « moi je n’aurai jamais de machine parce que vraiment, c’est l’humain qui m’intéresse ! ». Mais il ne faut jamais dire « fontaine je ne boirai pas de ton eau ». Maintenant j’ai 15 lasers, 3 ordinateurs, mais j’accroche toujours les dessins de mes plus jeunes patients dans mon bureau...

Cette interview fut pleine de découvertes Dr Gaucher. En vous remerciant d'avoir partagé votre expérience et en vous souhaitant une excellente continuation dans l'exercice de vos fonctions.

Avec la collaboration de Stephane Millet

Stephane Millet Fasciné par les sciences et disciplines médicales, j’exerce un œil critique sur l’actualité et forcément ce qui touche à la santé. Mon idéal : vivre une vie dynamique faite de voyages initiatiques et d'ouverture d'esprit. Cela requiert des efforts sur soi-même. Une hygiène de vie adéquate, un peu de sport et de bonne humeur sont nécessaires à la quête du saint bien-être.