Quelle chirurgie pour quelle obésité ?

par DR SÉBASTIEN KOLMER

Envisager de subir une opération de chirurgie de l’obésité se fait souvent en dernier recours (ce n’est pas la première tentative de perte de poids). Les patients connaissent alors un surpoids tel que les risques liés à une opération de chirurgie bariatrique (pour restreindre l’absorption des aliments) sont plus faibles pour le malade que les risques liés à son obésité.

Êtes-vous concerné(e) ?

Les opérations de chirurgie de l’obésité s’adressent aux adultes ayant un IMC (Indice de Masse Corporelle) supérieur à 40, ou à 35 s’il existe une maladie associée, comme le diabète, l’hypertension, ou encore l’apnée du sommeil. En France, on compte 700.000 obèses avec un IMC supérieur à 40. Chaque année, 20.000 d’entre eux subissent une opération de chirurgie de l’obésité.

Ce type d’opérations fait suite à l’échec d’autres traitements. Il est important de savoir que le processus est très encadré, et que le patient s’engage à vie en termes d’alimentation (évolution des aliments et de la manière de les ingérer) et, plus généralement, d’hygiène de vie (activité physique…). Ainsi, il ne suffit pas de vouloir être opéré pour l’être. C’est une équipe pluridisciplinaire de professionnels de la santé qui peut donner le feu vert, après avoir évalué les risques et les bénéfices mais aussi les contraintes de l'intervention, les antécédents médicaux des patients, leur motivation, leur parcours en matière de traitement de l’obésité, etc. En effet, le suivi médical est à vie…

Le principe des différentes techniques de chirurgie bariatrique est de permettre au patient de perdre une partie de leur surpoids. Le 1er enjeu est de faire descendre l’IMC sous la barre des 35 afin de limiter les risques pour les patients. Il s’agit ensuite de faire passer les patients d’un stade d'obésité qui met en danger leur vie à un autre état, moins grave, mais qui modifie leur vie : pour que l’opération fonctionne, il faut que le patient en ait conscience, qu'il change sa manière de manger, reprenne une activité physique et respecte son suivi.

Mais, justement, quelles sont ces méthodes ? Il en existe 3 : l’anneau gastrique, la sleeve et le by-pass.

L’anneau gastrique : un dispositif réglable

Anneau Gastrique

Connue depuis plus de 15 ans,

la pose d’un anneau gastrique est l’opération la moins lourde

, et la seule réversible. Par ailleurs, l’anneau est réglable et peut être réajusté dans le temps.

Un anneau est placé autour de l’estomac du patient : il permet de réduire la quantité d’aliments ingérés par le patient. En effet, après sa pose, la partie supérieure de l’estomac (au-dessus de l’anneau) est pleine dès les premières bouchées. Ainsi, le volume des prises alimentaires au cours de chaque repas est réduit, ce qui diminue les apports caloriques. L’organisme est alors contraint de puiser dans les réserves de graisse pour les transformer en calories.

Cette méthode est efficace à 80 %, et permet de perdre 50% de l’excès de poids à 5 ans. Toutefois, les patients doivent bien suivre les règles en matière d’alimentation (ne pas trop manger et surtout pas trop vite) sous peine de connaître des vomissements. Il faut en effet savoir que si l’anneau est au final mal supporté, il peut être retiré : le poids antérieur est alors repris par 90% des patients…

La sleeve : la technique la plus utilisée

Sleeve

A l’inverse de la pose d’un anneau gastrique,

la sleeve gastrectomie est une méthode non réversible

, indiquée pour

les personnes ayant un IMC supérieur à 40

, et souffrant également de diabète.

Cette opération consiste à réduire la taille de l’estomac. Diminué de ses deux tiers, l’estomac ne peut accueillir que moins de nourriture qui arrive par ailleurs plus rapidement dans l’intestin. En outre, la sécrétion de l’hormone de la faim (la ghréline) est aussi grandement réduite (car sécrétée normalement dans la partie enlevée de l’estomac).

Offrant une qualité de vie souvent meilleure que l’anneau gastrique, elle lui est souvent préférée. D’ailleurs elle connaît un taux de succès de 60% à 65%, permettant, en moyenne, de perdre 70% de l’excès de poids à 5 ans.

Le by-pass : la méthode la plus radicale !

By pass

Tout comme la sleeve, la dernière méthode de chirurgie bariatrique,

le bypass

, est irréversible.

C’est la méthode la plus complexe : ce court-circuit gastrique consiste à scinder en deux l'estomac pour créer sur sa partie haute une petite poche reliée à l'intestin grêle par une anse prise dans ce dernier, où passera la nourriture. La partie basse de l'estomac, elle, reste en place et continue à produire ses sécrétions, mais ne reçoit plus d'aliments.

L'efficacité est de 65 à 70 %, mais le risque de complications et de carences est plus élevé (une supplémentation est nécessaire). Indiqué pour les patients ayant un surpoids très conséquent (IMC supérieur à 45) et ayant du diabète, il permet d’espérer perdre 80% de l’excès de poids à 5 ans (en moyenne).

Différentes techniques permettent donc d’opérer les patients atteints d’une obésité lourde. Toutefois, le choix d’y avoir recours et, le cas échéant, le choix de la technique retenue, dépend de nombreux facteurs et d’une analyse au cas par cas des patients. Le présent article n’a donc donné que des grandes lignes mais, au final, tout patient est un cas particulier !