La cigarette électronique, est-ce dangereux ?

par ANAÏS PORTEFAIX

La cigarette électronique est une solution alternative qui s'offre aux fumeurs. Elle ne contient pas toutes les substances toxiques de la cigarette et n’engendre donc pas de maladies graves. Mais est-elle sans danger pour autant ?

« Vapoter » plutôt que fumer

La cigarette se « vapote » et ne se fume pas. Lorsque l'on aspire, le microprocesseur active un atomiseur qui mélange le liquide avec l'air inspiré. L’e-liquide chauffe et de la vapeur se dégage de l’e-cigarette, donnant véritablement l’impression de fumer une cigarette. En inhalant la vapeur, le fumeur inhale la nicotine présente dans la cartouche. L’e-cigarette ne fait pas que simuler l'acte de fumer, mais délivre le mélange vaporisé à la température de 50-60 °C, la même chaleur que dégage une véritable cigarette.

Y a-t-il des risques ?

Quels sont les conseils à suivre ?

Pour l’instant, aucune étude n’a pu prouver la dangerosité de l’e-cigarette.

L’Afssaps

(l’Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé) recommande toutefois de ne pas consommer de cigarette électronique, surtout pour les femmes qui allaitent, n’étant pas sûr des effets sur l’organisme. Un produit parmi les autres substances pose surtout problème :

le propylène glycol

. Ce produit est un alcool, qui à hautes doses produirait un état d’ébriété. On l’utilise dans les cosmétiques et la pâtisserie et ne présente aucune toxicité quand on l’absorbe. Le fait est qu’on ne connait pas son effet quand il est inhalé. Il reste quand même un solvant irritant.

Le Dr Rouzaud, président de l’Association Tabac et Liberté souligne le fait que le propylène glycol, est déjà présent dans la cigarette classique. Cette dernière étant bien entendu commercialisée, il semble difficile de reprocher à la e-cigarette de contenir ce même propylène glycol.

A très faible dose, on trouve dans la cartouche des métaux lourds comme l’arsenic ou le nickel, ainsi que des nitrosamines (des substances chimiques) qui sont des produits cancérigènes.

Les recharges plastiques des cigarettes électroniques peuvent également représenter un danger. Pendant l’utilisation de l’e-cigarette, la température de la recharge atteint une température très élevée qui pourrait à la longue dégager des vapeurs néfastes pour l’organisme. Il existe des recharges métalliques, qui elles, ne devraient pas représenter de risque.

S'agit-il d'un effet placebo ?

La dangerosité consiste véritablement dans le fait que beaucoup de personnes pensent que la cigarette électronique est un moyen de se sevrer de la véritable cigarette. D’ailleurs, certains fabricants de l’e-cigarette vendent leur produit comme étant une solution à l’arrêt du tabac.

Mais la cigarette électronique contient elle aussi de la nicotine, le produit responsable de l’addiction au tabac, et selon les cartouches, la dose est plus ou moins importante. L’e-cigarette ne réduit donc pas la dépendance et ne peut pas être utilisé comme dérivé nicotinique. L’autre danger, selon les autorités, est que les jeunes personnes se mettent à vapoter, en pensant que parce qu’il n’y a pas le danger des substances toxiques qui entrainent des maladies, il n’y a pas de danger du tout. De plus, l’e-cigarette a de quoi attirer la jeune population : tout comme les véritables cigarettes, on peut trouver plusieurs parfums dans le l’e-liquide : menthe, chocolat, caramel, etc., qui font plus penser à un bonbon qu’à un produit qui rend dépendant.

Ce qu’en pensent les fumeurs...

Lorsque l’on parcoure les forums sur la cigarette électronique, on s’aperçoit que de nombreux fumeurs sont très satisfaits de ce nouveau moyen. Certains fumeurs ont pu réduire leur consommation de tabac, jusqu’à arrêter complètement. Les fumeurs apprécient également que la cigarette électronique, ne produisant pas de fumée, ne laisse pas d’odeur sur les vêtements ou la peau. De plus, face à la loi interdisant de fumer dans les lieux publics, l’e-cigarette permet aux fumeurs de pouvoir vapoter, sans avoir à s’éloigner, ou à quitter leur table.

Les autorités, quant à elles, restent extrêmement prudentes vis-à-vis de la cigarette électronique.

Avec la collaboration de Dr Pierre Rouzaud

Dr Pierre Rouzaud Enseignant de toxicologie, praticien hospitalier, j'ai exercé les fonctions d'ingénieur au CEA (Direction des applications militaires) puis celles de pharmacien titulaire d'officine, puis celles de médecin généraliste, celles de médecin du travail (AIR FRANCE), journaliste (PANORAMA du MEDECIN) puis celles d'hospitalo-universitaire. Actuellement je dirige une association de plus de 3000 professionnels de santé spécialisée dans la promotion du sevrage tabagique et le traitement des addictions. Je suis expert auprès des tribunaux. Je suis trésorier de la SFEN(société française d'énergie nucléaire section midi-pyrénées). J'ai été consultant pour la WORLD BANK en matiere de nutrition santé. Actuellement, j'assure des formations aux professionnels de santé dans le cadre du DPC ( Agrément OGDPC), des interventions dans les lycées et collèges ( agrément éducation nationale ), et mon association a mis en place des thérapies de groupe au sein des entreprises pour aider les salariés fumeurs à arrêter de fumer ( Caisse d’Espagne Midi Pyrénées, LATECOERE, ATR, Ugitech, Aubert Duval, Airbus...). Notre site : http://www.tabac-liberte.com/