Handicap : le paradoxe de l'accessibilité ?

par CHARLOTTE BONNARD

La dernière loi sur l’accessibilité date de 2005 et est basée sur le principe suivant : « toute personne handicapées a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantie, en vertu de cette obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus de tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté ». Récemment, de nombreux scandales secouent cet idéal, c’est par exemple le cas dans l’affaire de la compagnie EasyJet qui a le 4 mai dernier, débarqué une passagère handicapée en raison de son absence d’accompagnateur. Au cœur du problème ? Le fait qu’une personne adulte à mobilité réduite peut tout à fait voyager sans, et qu’aucune législation n’autorisait le spécialiste des vols à bas coût à débarquer cette passagère. La justice a d’ailleurs reconnu ce tort et a condamné EasyJet à une amende de 5000€. Mais ce n’est pas un cas isolé. En effet, de grands progrès restent à faire en termes d’accessibilité de façon générale. Est-il normal aujourd’hui que les personnes handicapées se voient coupées de certains espaces publics ou privés à cause d’une porte trop étroite ou de l’absence d’un ascenseur ?

Bilan de l’accessibilité à ce jour

Handicap : Les paradoxes de l'accessibilité

La loi pour les droits des personnes handicapées précédemment citée (du 11 février 2005) a clairement établi des normes et règles concernant les sujets suivants : l’accueil des personnes handicapées, le droit à la compensation, la scolarité, les ressources, l’emploi, la citoyenneté et l’accès à la vie sociale, l’accessibilité… Cependant, en fonction des thématiques et des types de structures concernées, la date butoir d’application n’est pas encore arrivée à son terme (jusqu’à 2015 pour certains). A titre d’exemple, pour les places de parkings réservées aux personnes en situation de handicap, elles s’élèvent à 5% (arrondis à l’unité supérieure) du montant total de places du parking. Concernant les accès à un bâtiment, la taille de la porte devrait être de 1,30 m minimum (mais des critères entrent en considération par rapport au nombre de personnes qui peuvent être contenues dans la pièce par exemple…). Enfin, le site

handacces.org

rapporte suite à une enquête, qu’environ 44% des mairies seraient accessibles aux fauteuils roulants, 29% des écoles primaires, 17% des bibliothèques… Ces chiffres laissent quelque peu perplexe…

Quelles évolutions pour le futur ?

Une des critiques majeures sur le texte qui a été développé est centrée sur l’application même qui en est faite. En effet, il semblerait que les délais ne puissent être tenus (nombre des délais sont prévus pour 2015) et causent de nombreux débats sur la place publique. En effet, en juillet 2012, un rapport a été rendu statuant des différents retards déjà pris dans l’avancement de ce projet, et des solutions dites « intermédiaires » seraient en train d’être examinées par le gouvernement actuel pour adapter les mesures à ces retards (seuls 15% des ERP auraient déjà commencé à entreprendre les travaux en questions…). Pourtant, ce seraient près de 10 millions de personnes qui pourraient bénéficier de ces aménagements ! Quid de l’avancée de ces travaux ? 2015 n’étant pas si loin, c’est l’avenir qui nous le dira… Mais si c’était vous, comment accueilleriez-vous une telle nouvelle ?

Sources internet :