Êtes-vous sûr(e) de connaître les différents handicaps ?

par STEPHANE MILLET

On aurait tendance à simplifier le handicap à 2 catégories : handicap physique versus mental. Grossière erreur, il existe une distinction bien plus large (et nuancée) que cela, et qui permet de prendre en compte plusieurs aspects de la notion de handicap. En effet, selon la loi du 11 février 2005, 6 types de handicaps ont été reconnus. Alors faites tables rase de vos préjugés et découvrez-les donc !

Le handicap physique (ou moteur)

Le gouvernement évalue ce type de handicap à hauteur de 1,5% de la population française actuelle. Seulement, quand on y regarde de plus près, il s’agirait de 4% de personnes qui souffrent de handicap moteur. Pourquoi un tel écart ? Car les premiers chiffres ne prennent en compte que les personnes ne souffrant uniquement que d’un handicap physique (voir plus loin le cas du polihandicap). Même à l’intérieur de cette catégorie, les sortes de handicaps physiques sont nombreuses, ainsi que leurs origines. Myopathie, tétraplégie, infirmité motrice cérébrale, paraplégie, sont autant de forme de handicap moteur. Des prothèses de plus en plus perfectionnées existent d'ailleurs pour pallier ce handicap.

Le handicap sensoriel

Le statut des personnes handicapéess

Tout simplement, cela signifie qu’un ou plusieurs des sens est atteint d’une déficience. On pense le plus souvent à la vue et l’ouïe. C’est d’ailleurs le type de handicap le plus fréquent aujourd’hui, et on compte autour de 77 000 personnes aveugles, et environ 1,5 million de malvoyants. Pour ceux-ci, le handicap est visible, mais dans d’autres cas, comme pour la surdité, l’aspect non détectable ne rend pas le handicap moins lourd, bien au contraire.

Le handicap mental

Entre 1 et 3% de la population serait touchée par ce handicap. Mais comment décèle-t-on une déficience mentale ? En effectuant des tests de QI (quotient intellectuel) par exemple. Dans ce cas, on considère au dessous d’un score de 69, la personne est atteinte d’un handicap mental. En parlant de ce terme, il est d’ailleurs montré du doigt par nombre d’associations pour sa connotation négative. Si les tests de QI aident à déceler le handicap, il n’est en revanche d’aucune aide pour mettre en lumière des déficiences plus spécifiques : en particulier pour les troubles du langage comme la dyscalculie, dyspraxie…

2 raisons peuvent expliquer une déficience mentale :

Le handicap cognitif

Ici, ce sont les fonctions cognitives, la perception et la motricité qui sont touchées. Pensée, traitement de l’information, attention, mémoire, apprentissage, raisonnement, sont les différents aspects qui sont problématiques dans le cadre d’un handicap cognitif. En effet, c’est tout le processus d’information qui est biaisé et pose problème dans la vie quotidienne. Le premier obstacle étant la scolarisation des enfants qui ont ce handicap. Et ce phénomène perdure par la suite avec l’insertion professionnelle.

Quels types de maladies causent un handicap cognitif ? Troubles de l’attention et de la mémoire, dyslexie, dyspraxie, dysphasie, sont autant de forme de handicap cognitif.

Le handicap psychique

Dans le cas de ces handicaps, c’est surtout la relation avec les autres qui pose problème. Communication, comportement, relationnel sont au cœur de ce handicap. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les personnes atteintes de handicap psychique ne sont pas du tout possible à appréhender de la même façon qu’un handicapé mental. En effet, la psyché, le vécu, les traitements adaptés ainsi que l’accompagnement de ces personnes diffèrent totalement. D’ailleurs, un handicap psychique ne souffre pas de déficience mentale : son intelligence est soit située dans la moyenne, soit supérieure, c’est l’expression de ces capacités qui est problématique. Le souci majeur : très peu de structures existent à ce jour et les places pour les handicapés psychiques sont bien trop peu nombreuses.

Quel type de maladie est compris dans ce type de handicap ? L’autisme, la schizophrénie, les TOC (troubles obsessionnels compulsifs), troubles bipolaires, névroses, en font partie.

Les polyhandicaps

Comme son nom le laisse présager, ce dernier cumule plusieurs handicaps, qui généralement ont le même niveau de gravité et développement. C’est un problème pour les personnes qui souffrent de ce type de pathologie, et au-delà du fait de cumuler 2 handicaps, avec les conséquences que cela peut engendrer, il y a d’autres aspects auxquels on ne pense pas forcément. Par exemple la prise en charge des patients qui sont atteints de polyhandicap. Souvent, ces personnes sont obligées de se rendre dans des centres de soins spécialisés dans un de leur handicap, mais il n’existe que très peu de centres qui permettent de prendre en charge plusieurs types de handicap, ce qui pose problème. En effet, on compte près de 43% des enfants atteints de polyhandicap qui ne seraient pas pris en charge dans des établissements dédiés au polihandicap. Il faut donc choisir souvent entre un centre spécialisé dans le handicap moteur ou mental.

Maintenant que vous en savez un peu plus sur le sujet, vous avez déjà fait un premier pas vers la compréhension des différents handicaps qui existent. Mais au-delà de voir la distinction des handicaps, c’est surtout le quotidien d’une personne handicapée qu’il faut comprendre. Et se rendre compte que c’est un combat de chaque minute, auquel on ne pense pas forcément lorsque l’on se gare effrontément sur une place de parking qui est réservée pour les personnes handicapées. On se souvient tous de la phrase : « si tu prends ma place, prends mon handicap », et cela laisse matière à la réflexion. Vous, à leur place, comment réagiriez-vous ?