Somnifères : pourquoi faut-il rester vigilant ?

par CHARLOTTE BONNARD

Cette nuit, comme beaucoup d’autres, je n’arrive pas à fermer l’œil. Et comme à chaque fois que mon sommeil fait des caprices, j’applique tous les bons conseils des magazines féminins, de mes amis… Se concentrer sur des choses positives, boire un verre d’eau, me mettre à lire en attendant que la fatigue revienne… Enfin, "revienne", c’est-à-dire que je me sens déjà fatiguée, et surtout le fait de ne pas dormir m’obsède ! De temps en temps, quand les périodes d’insomnies durent plus d’une ou deux semaines, je me demande si je ne devrais pas essayer les somnifères. Seulement, sur le sujet, on entend un peu de tout, alors il faut faire le tri, et surtout aiguiser son sens critique pour se faire sa propre opinion. Alors aujourd’hui, au programme, découverte des somnifères : comment fonctionnent-ils, pourquoi font-ils peur, quels en sont les effets négatifs réels ?

Comment fonctionnent-ils ?

attentions à la dépendance aux somnifères

Parlons technique. Car pour comprendre les effets de ces médicaments, il faut d’abord savoir ce qu’ils contiennent et quelle est leur action sur notre corps. Je suis comme cela, avant d’avaler un traitement, je pense qu’il est préférable de savoir ce qu’il y a à l’intérieur. Pas vous ?

Les somnifères, ou « benzodiazépines » sont des traitements médicamenteux psychotropes utilisés dans le cadre des troubles du sommeil ou d’angoisse. Les deux sont d’ailleurs très souvent étroitement liés. Leur action : faciliter le sommeil grâce à leurs vertus calmantes.

Leurs propriétés :

Pour faire simple, les somnifères vous « calment » et agissent sur votre état nerveux et non pas sur votre sommeil à proprement parler. Leur action est localisée sur le système nerveux (sur nos neurotransmetteurs), qui voit son activité inhibitrice augmentée. C’est cette sensation qui va vous aider à vous endormir plus facilement.

A savoir : à l’intérieur de la famille des benzodiazépines, il existe plusieurs « classes » de somnifères.

D’autres somnifères autres que les benzodiazépines existent, mais, à en croire les spécialistes, ils sont efficaces majoritairement sur les troubles au moment du coucher, pas en cas de réveils nocturnes par exemple. Ce serait le cas des médicaments comme l’Imovane®, le Stilnoct® et le Sonata®. Leur action reste très similaire, ainsi que leurs effets secondaires, mais ils agissent plutôt sur les cycles du sommeil pour les réguler (notamment en diminuant la phase I du sommeil et rallongeant la phase II).

Soignent-ils réellement mes troubles du sommeil ?

Si on se penche sur l’action des benzodiazépines, ils sont plutôt un coup de pouce pour que nous tombions rapidement dans les bras de Morphée. Mais ils n’agissent pas à proprement parler sur la qualité du sommeil. Ils sont donc une aide pour démarrer la nuit, mais en aucun cas ne pourront, sur le long terme, guérir des causes plus profondes. Comme exposé précédemment, troubles du sommeil et anxiété sont liés, et si les benzodiazépines peuvent soulager temporairement, le stress qui occasionne vos insomnies, lui, perdurera tant que vous ne serez pas allé fouiller du côté de vos angoisses. De plus, même si ce n’est pas un sommeil complètement artificiel, les somnifères contrôlent vos cycles de sommeil, ce n’est donc pas une solution durable pour réguler vos nuits ni réapprendre à dormir paisiblement.

La face obscure des somnifères

Mais le problème majeur des somnifères, c’est surtout leurs effets indésirables. En effet, la liste est longue même si cela varie toujours en fonctions des somnifères et des individus :

Ce dernier effet négatif est d’ailleurs celui à souligner en priorité : les somnifères sont addictifs, et il n’est pas rare que lorsque l’on commence à en prendre, on augmente peu à peu les doses. Car ils ne sont plus aussi efficaces, dont on pourrait penser qu’une plus forte dose sera plus adaptée : erreur ! Les somnifères doivent garder leur aspect exceptionnel et faire l’objet d’un suivi attentif de votre médecin traitant. Le problème à long terme : ne plus réussir à s’endormir sans. Surtout que comme vous avez pu le constater dans la liste précédente, les somnifères modifient notre sommeil naturel : les cycles sont décalés, le sommeil paradoxal se voit diminué voire supprimé à long terme…

Vous l’aurez compris, choisir de prendre des somnifères qui ne doit pas être pris à la légère, et il doit rester pour les cas particuliers. Cependant, lorsque l’on sait que les Français sont les 1ers consommateurs au monde d’hypnotiques (ou somnifères), cela laisse songeur… Quelques mois, et même quelques semaines sont suffisants pour devenir dépendant, alors pourquoi ne pas regarder des remèdes un peu moins costauds avant de se lancer dans les somnifères (qui restent des traitements vraiment lourds). Et si vous demandiez conseil à votre médecin sans demander aveuglément un somnifère et regardiez du côté des astuces qui peuvent vous aider à vous endormir facilement, pour commencer ?

Sources internet :
Avec la collaboration de Cédric O'Neill de 1001 Pharma

Cédric O'Neill de 1001 Pharma Je suis Cédric, pharmacien et co-fondateur du site 1001 Pharmacies qui vend des produits de parapharmacie en ligne. De plus, nous éditons notamment un Blog sur lequel vous pouvez retrouver des infos de santé. Bonne lecture sur Malea !