Savez-vous tout sur le syndrome du bébé secoué ?

par STEPHANE MILLET

Un nouveau bébé, quel bonheur ! Les joies de la vie de famille s’offrent enfin à vous ! Les bains, les jouets, les premiers mots, les premiers pas aussi. Les dents en revanche, ce n’est souvent pas une partie de plaisir ! Il est bien connu que lorsqu’un bébé sort une canine, les douleurs sont intenses pour le petit bout-de-chou, donc les pleurs le sont aussi.

Un bébé qui pleure, cela fait parti du deal passé à la naissance. Lorsque vous faîtes un enfant, vous lui jurez fidélité, patiente et tendresse, et ce malgré les chagrins inexpliqués et autres caprices. Seulement après une longue journée de travail, votre deuxième journée de parent commence, et ce n’est pas évident ! Parfois, les pleurs, c’est la goutte d’eau et vous perdez vos moyens : c’est le syndrome du bébé secoué.

Les causes physiologiques chez votre bébé

Vous l’avez fait mangé, vous l’avez changé, vous l’avez baigné, vous avez joué avec lui, vous lui avez redonner à manger et votre enfant ne s’arrête toujours pas de pleurer ? À un point, il se peut que vous ne puissiez plus le supporter et que vous ayez des gestes maladroits voire incontrôlés à son égard. Attention donc.

Le bébé secoué est un bébé qui souffre de lésions dans le cerveau suite à une forte secousse ressentie. En effet, le crâne de l’enfant de moins de un an est une partie très sensible. Le cerveau n’est pas encore totalement développé et ne prend pas encore toute la place dans la boîte crânienne, ce qui lui laisse donc une marge de mouvement importante.

Si vous secouez de désespoir votre enfant, vous allez inévitablement lui faire basculer la tête d’avant en arrière ou sur le côté. En effet sa tête est proportionnellement trop lourde par rapport à son corps. Ainsi, si vous le balancez en l’air juste pour le faire sourire, il est inévitable qu’à la retombée, sa tête va subir un choc du à la gravité. Par conséquent le cerveau de votre enfant sera secoué et risquera de souffrir de lésions, hémorragies ou autres hématomes aux conséquences irréversibles !

Le Pr. Renier résume cela : "durant la première année, l'espace situé entre le cerveau et les méninges est élargi, et les veines qui le traversent sont exposées au risque de rupture par cisaillement lors de secousses brutales, et ce d'autant plus que la tête du nourrisson, lourde par rapport au reste du corps, est mal maintenue par des muscles cervicaux encore trop faibles".

Quelle gravité ? Quelles conséquences ?

Les conséquences sont alors dramatiques. Elles peuvent aller de « simples » vomissements inexpliqués au décès de l’enfant. Une perte de vision, de connaissance, des crises d’épilepsie inexpliquées ou un bébé qui somnole étrangement pourront vous mettre la puce à l’oreille.

Notez que si vous n’êtes pas en contact avec votre enfant la journée et que vous remarquez de tels symptômes, la personne qui s’en est occupé la journée a pu elle aussi perdre ses moyens face à tant de pleurs.

Ne laissez aucune chance à la négligence, il est primordial d’agir dans la seconde et de se rendre au plus vite à l’hôpital où votre enfant pourra être soigné par le service réanimation qui prendra en charge votre enfant pour lésions neurologiques.

NB : seulement ¼ des enfants secoués s’en sortiraient sans séquelle.

Il est primordial d’être conscient des répercussions que nos gestes peuvent avoir sur ce petits corps fragiles. Les secousses telles qu’elles sont décrites plus haut pourraient très bien être accidentelles. Si l’on regarde de plus prêt les images des crash-tests de voitures, il est clair que les cervicales subissent des chocs violents, qui sont démultipliés chez le nouveau-né. À ce titre les accidents de la vie peuvent être mis en cause également. Une mauvaise chute peut déclencher les symptômes du bébé secoué, soyez donc très attentifs à ces derniers !

Parfois, un parent peut être la cause des maux de son enfant mais de façon incomprise ou non intentionnée. Il s’agit ici des chutes accidentelles ou bien des gestes traumatisants répétés que l’on peut faire en voulant faire jouer son enfant. Faire l’avion peut entraîner un nombre de turbulences importantes qui ne valent pas le petit sourire que vous décrocherez à votre enfant.

Malheureusement, le syndrome du bébé secoué peut également être le résultat de semaines, de mois de frustration. Votre bébé pleure. Il pleure plus que celui des vos proches, dès que vous l’attrapez, il se met à hurler comme s'il vous rejetait. Vous n’en pouvez plus de ces cris stridents qui percent vos tympans jours et nuits, et cela peut amener certains parents à commettre l’irréparable en lui demandant de se taire de façon trop insistante !

Il faut absolument renoncer à cette frustration

Face une telle situation il est impératif d’effectuer un travail d’introspection profond. Il est surtout important de s'appuyer sur l’assistance que peuvent vous offrir les professionnels de la santé et votre pédiatre qui doit être votre premier interlocuteur face aux problèmes de bébé en général.

Vous n’êtes pas un mauvais père ou une mauvaise mère, même si votre bébé pleure à longueur de journée. Il faut relativiser cette période lourde pour vos nerfs. Votre bébé s’exprime et c’est plutôt bon signe. Facile à dire me direz-vous ? Certes, mais c’est la réalité. Votre bébé n’est pas en mesure d’avoir des rancœurs personnelles à votre égard. Il y a des multitudes de causes qui peuvent expliquer les pleurs de votre enfant sans mettre en cause pour autant votre qualité de parent.

Quand la pression monte et que vous sentez que votre bébé va vous faire disjoncter, n’hésitez pas à le poser dans son lit où il est en sécurité et à écouter de la musique qui vous relaxe voire à vous isoler. Vous pourrez également le confier à une personne de confiance en lui expliquant clairement la situation. « Il n’arrête pas de pleurer, je n’arrive plus à me contrôler, peux-tu le garder aujourd’hui ? ». Mieux veut en effet prévenir que guérir dans ce genre de situation. Confiez votre enfant à une personne de confiance qui connaît bien votre enfant.

Vous pourrez également donc trouver de précieux conseils chez votre pédiatre qui sera analyser vos gestes de père ou de mère et vous faire comprendre que vous n’y êtes pour rien. Pour relativiser ces pleurs, ce médecin pourra vous expliquer tous les éléments qui peuvent faire pleurer votre enfant, et il y en a beaucoup !

Le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la question est très pertinent et il vous permettra peut-être de relativiser ce que vous ou l’un de vos proches vivez. Jetez-y un œil !

Vous apprendrez peu à peu à intérioriser votre frustration, à mesure que vous vous habituez aux pleurs. Ils ne sont généralement pas éternels. Votre enfant grandit bien trop vite. Rapidement il parlera, marchera, jouera au foot ou à la poupée avec vous (les clichés ont bon dos) et votre relation sera des plus saines !

Sources internet :