Qui ne se plaint jamais de son dos au travail?

par STEPHANE MILLET

Le mal de dos au travail, c’est une réalité nous confirment les médecins.

« Les longs dossiers à lire le Lundi matin font que malgré toute la bonne volonté du monde, je finis toujours par reposer ma tête sur ma main... »

Si vous travaillez en extérieur, c’est le même combat. Les gestes répétés, vous demandant souvent des efforts physiques usants, font que votre dos finit par pâtir de votre situation au travail.

Il est clair que tous les types de travail peuvent entraîner des maux de dos si vous pratiquez mal les gestes qui vous sont demandés. Que vous soyez employé(e) du batîment ou derrière un bureau, comment empêcher, ou juguler le mal de dos quotidien issus de vos mauvaises habitudesque beaucoup qualifie déjà de mal du siècle ?

Les usines du XXIème siècle et le mal de dos

De nos jours, avec l’explosion d’internet et du travail sur ordinateur, une part toujours grandissante de la population passe le plus clair de son temps à scruter un écran d’ordinateur. Il est prouvé que ce ne sont ni la luminosité de l’écran ni le fait de cliquer sur sa souris qui entraînent un mal de dos chronique.

Les chaises des personnes sédentaire

En revanche, il y a des précautions stratégiques à prendre en ce qui concerne le travail sur ordinateur. Veillez à ce que l’écran soit à hauteur des yeux, légèrement en dessous. Si vous travaillez sur une ordinateur portable vous pourrez opter pour une écran externe ou bien surélever votre ordinateur, auquel cas il vous faudra un clavier externe.

La chaise de votre bureau doit également être réglable afin de pouvoir adopter la bonne position qui vous ne fera pas souffrir. Idéalement vos pieds doivent toucher le sol et veillez à ce que vos avant bras reposent sur le bureau lorsqu’ils sont relâchés. Le coussin lombaire et l’inclinaison du siège jouent bien sûr en votre faveur. Une étude prouve d’ailleurs que l’inclinaison idéale de votre buste en position assise serait de 120° par rapport à vos jambes(et non pas 90°) afin de délester une partie de votre poids sur le dossier du siège. Le mythe du « Tiens toi droit ! » tombe dès lors à l’eau...

En somme, c’est la façon dont vous vous installez à votre poste de travail qui pourra vous jouer des tours ! Pour n’importe quel travail en position assise, il n’est pas conseillé d’avoir ses instruments ou accessoires trop rapprochés de vous. La raison est simple. Si votre imprimante est à moins d’un mètre de vous, difficile de ne pas céder à la facilité de vous pencher pour attraper votre impression. Idem pour l’agrafeuse de votre collègue ! D’où l’importance d’avoir une chaise à roulettes pour rouler sans se pencher !

Tout au long de la journée faites un point d’honneur de prendre des pauses régulières et d’étirer votre colonne. Pour ce faire, entrelacez vos doigts et tout en inspirant, vous allez tendre vos bras vers le ciel, les paumes de mains vers l’extérieur. Vous pourrez ensuite vous penchez successivement de gauche à droite pour décompresser tant que faire se peut vos vertèbres, le tout en expirant.

Forcer au travail : oui, mais dans de bonnes conditions !

Si vos journées de travail sont loin des bureaux et que vous avez une activité physique intense, faites attention à ne pas forcer n’importe comment. Il faudra toujours préférer un effort où la force vient des jambes à un effort dos penché où la colonne est tordue et souffre extrêmement. Et même si vous êtes jeune et que vous, vous pouvez le faire, n’oubliez pas que chacune des 1500 torsions (en moyenne) que votre colonne subit quotidiennement s’accumulent précieusement pour votre retraite. Il serait dommage que cela pèse lourd dans la balance.

Il faut plier les genoux !

Certaines professions sont donc connues pour être particulièrement rudes pour le dos. Ambulanciers, maçons, plombiers ou encore déménageurs ne sont pas épargnés. Pour ce genre de métiers il vous faut faire attention à bien utiliser vos jambes pour soulever des charges mais surtout pour les déposer. Forcer pour freiner un objet ou un mouvement (effort « excentrique ») est la source de bien des lésions musculaires ! Autant s’en prémunir.

Des soutiens tels que la ceinture lombaire peuvent vous accompagner vers la reprise de votre activité si vous avez été contraint(e) de vous arrêter. Ils peuvent également vous aider à comprendre en quoi forcer adéquatement marquera une réelle différence ! Certains médecins généralistes remarquent néanmoins que ces ceintures sont à prescrire sur une durée limitée, car elles auraient tendance dans certaines circonstances à se « substituer » à vos muscles lombaires. Tout du moins à ne pas les faire travailler autant que nécessaire.

Le mal de dos dans notre société en quelques chiffres !

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, 80% des individus ont déjà souffert de leur dos ou seront amener à en souffrir. Parmi ces 80% de la population, une partie très importante sont soumis à ce type de douleur dans le cadre de leur activité professionnelle.

En 2010, ce sont 15,6 Md d’euros qui ont été utilisés pour indemniser les travailleurs en arrêt du travail à cause de leur mal de dos. Il faut à cela ajouter la prise en charge des visites chez les médecins généralistes dès les premiers symptômes ou encore le coût des interventions chirurgicales. Le dos fait mal aussi à la Sécurité Sociale !

Face à des chiffres engageant votre santé comme celle des finances publiques, il est primordial de prendre conscience de ses gestes. Lorsque vous vous apprêtez à porter un objet, votre enfant, même à cuisiner, pensez à travers votre colonne vertébrale ! Faites en sorte de vous tenir le plus droit possible et n’hésitez pas à consulter des professionnels du dos pour trouver des solutions à ce type d’usure mécanique de votre dos. Ne vous laissez pas abattre par tout ce qui vous tombe dessus. Le mal de dos au travail n’est pas une fatalité !

Avec la collaboration de Carole Beauvallet

Carole Beauvallet Carole est ergothérapeute à Toulouse. Son travail consiste principalement à analyser le quotidien de ses patients pour en étudier les pistes d'améliorations. Ses recommandations portent sur la posture et les mauvaises habitudes à oublier. Elle est ainsi amenée à travailler avec tout type de personne : enfants, personnes en situation de handicap, personnes âgées, etc.

Avec la collaboration de Nicolas Hyung Jin SIMONET

Nicolas Hyung Jin SIMONET Pédicure-Podologue, à la Clinique Pasteur, Toulouse, diplômé à l'institut de formation de pédicurie et podologie de Purpan, spécialisé en pédo-diabétologie, titulaire d'un D.U en podologie du sport et d'une formation dans l'éducation thérapeutique du patient. « Chaque nouveau jour est pour moi un apprentissage. Il est essentiel de s'informer et toujours rester ouvert. La podologie évolue vite, ses connaissances peuvent, en cinq ans, être frappées d'obsolescence. Ma vision de la podologie et de la santé : inscrire nos démarches dans la pluridisciplinarité.