La luminothérapie, un traitement dangereux ?!

par STEPHANE MILLET

De nos jours la photothérapie est de plus en plus recommandée par les professionnels de la santé. Cette solution naturelle à bien des maux (dépression, décalage horaire) a conquis des milliers d’adeptes très rapidement. Se pose maintenant la question des dangers liés à cette pratique. Tout le monde crie sur tous les toits que ce ne serait pas dangereux d’exposer son visage si près d’une source de lumière si forte. Doit-on les croire ?

Garder un œil sur les lampes de luminothérapie

Théoriquement, ce sont des néons qui recréent la lumière « naturelle » dans une lampe de luminothérapie. Il n’y a pas de problème de rayons X ni d’ultra-violet par conséquent. Une étude fut menée sur des patients qui n’avaient aucun problème oculaire. Ils ont suivi une cure de luminothérapie et après 5 ans de traitement, aucune dégradation de la vue n’a été remarquée.

En revanche, il est important de faire attention à la qualité du produit que l’on achète. Afin de faire plus de bénéfices, certains n’hésitent pas à tromper le client en leur fournissant des lampes qui envoient des UV. Afin d’être sûr que le produit que vous achetez ne vous gâchera pas la vue, vous pouvez vérifier qu’il comporte bien le sigle CE 0459 qui correspond à la norme pour une lampe de luminothérapie. Si les chiffres manquent ou sont différents, vous n’êtes pas en train d’acheter une lampe de luminothérapie aux yeux de la loi française.

En ce qui concerne le nouveau système de lampe de luminothérapie faites de Diodes Electro-Luminescentes (DEL), il convient de ne pas fixer la lumière. Toute source de lumière ne devrait d’ailleurs pas faire l’objet d’une attention particulière au risque d’abimer l’œil (ex: le soleil). C’est pour cela que sur les lampes blanches, on a normalement un aspect voilé qui permet de disperser la lumière. Méfiez vous donc des petites plateformes de Diodes (les portables notamment) que l’on aurait tendance à regarder fixement pour plus d’efficacité. Il faut absolument disposer la source de lumière à environ 60cm du visage et avec un angle de 30°.

Contre-indications en cas de maladies oculaires

Si vous souffrez d’une maladie oculaire, autre que le simple port de lunettes, la luminothérapie pourra vous être déconseillée. Par précaution, on ne recommandera pas ce type de cure aux personnes souffrant de cataracte, conjonctivite, glaucome, herpès, etc.

Ayez un réflexe simple face à ce genre d’incertitude : demandez à votre médecin. Ces professionnels sont sensibles à ce genre de thématiques et sauront mieux que personne si il est conseillé ou non d’avoir recours à la luminothérapie dans votre cas.

Savoir gérer les impacts indésirables

L’impact sur la vie quotidienne de l’utilisation de ces lampes est prouvé. Il y a une action réelle sur l’horloge interne et sur la période de sommeil. Les objectifs recherchés sont évidemment une augmentation de l’énergie avec l’utilisation de ces techniques. Le risque en revanche est que l’on se retrouve tout d’un coup avec trop d’énergie. L’hyper excitation pourra être perçue comme positive au début (« le traitement marche ! »), mais s’avèrera rapidement usante. Dans ce genre de situation, vous pourrez devenir irritable. Ne vous inquiétez pas cependant, il suffira de baisser l’intensité de la lampe que vous utilisez, voire d’arrêter le traitement pour régler le problème.

Comprendre la luminothérapie

Dans certains cas relativement rares, un sentiment d’accoutumance pourra s’installer. Il faut veiller à éviter cette situation où la thérapie devient une sorte de drogue : sans votre lampe, vous n’arrivez plus à rien...

Enfin, de façon marginale, il est possible d’observer des irritations oculaires temporaires suite à une séance de luminothérapie. La solution logique et simple sera alors de s’éloigner un peu de sa lampe lorsqu’on s’expose voire même de baisser un peu l’intensité.

Si vous avez également entendu de l’application luminothérapie pour smartphones qui aurait les mêmes effets que la photothérapie, ne vous méprenez pas. Il s’agissait d’une arnaque et les créateurs qui ont commercialisé cette application ont eu des problèmes avec la justice. Les dangers restent donc relativement marginaux mais il est important de les connaître. Si votre corps commence à montrer des réticences au nouveau traitement que vous lui imposez, n’insistez pas trop et demandez conseil à votre médecin.

Avec la collaboration de Gérard Pons

Gérard Pons Gérard Pons est spécialiste et conseil en matériel de luminothérapie et éclairage. Son intérêt pour cette méthode fait suite à sa propre expérience de thérapie et l'a amené à collaborer avec Norman Rosenthal (père de la luminothétapie actuelle) au sein du SLTBR (Society for Light Treatment and Biological Rythms). Il est également animateur du C.E.I.L.T, Centre Européen d'Information sur la Luminothérapie et auteur de deux livres sur ce domaine : - Soif de Lumière, aux Éditions JOUVENCE - Du Soleil Plein la Tête, aux Éditions QUÉBÉCOR