Comment la luminothérapie vous remet les pendules à l'heure !

par ANAÏS PORTEFAIX

La notion d’horloge biologique semble aller de soi, mais elle n’a été émise que récemment, en 1950. Notre horloge biologique interne peut être définie comme une structure interne, réglée sur 25 heures. Elle règle notre rythme de vie et indique à notre organisme ce qu’il doit faire. Pour prendre soin de notre horloge interne, il faut savoir écouter les signaux qu’elle nous envoie.

Quand le soleil a rendez-vous avec la lune

Le corps humain est réglé sur la lumière du soleil et son déclin. Pour accomplir les bonnes activités au bon moment de la journée, le corps doit être réglé sur le temps d’une journée terrestre. Notre horloge interne est déréglée quand nous ne ressentons pas les besoins que nous devrions ressentir à certaines heures. Un exemple simple pour illustrer ce cas est le décalage horaire, le jet-lag. Traverser plusieurs fuseaux horaires en peu de temps dérègle complètement notre corps : nous n’avons absolument pas faim à midi car notre corps se croit être en plein milieu de la nuit, ou nous n’avons pas sommeil car pour notre corps, l’après-midi vient juste de commencer. Quel méli-mélo !

Un temps pour chaque chose

comment va votre horloge biologique ?

L’horloge biologique, circadienne, est rythmée en fonction des différentes étapes de la journée. Prendre soin de son horloge interne, c’est aussi prendre soin de soi. En effet, lorsque nous sommes trop fatigués et que nous manquons de

sommeil

, notre corps est plus fragile et plus susceptible d’attraper une maladie.

Ainsi, il faut choisir ses activités en fonction du moment la journée. Par exemple, en fin de matinée et d’après-midi, nos capacités intellectuelles et physiques seraient à leur maximum. C’est le bon moment pour se livrer à des activités intellectuelles et sportives. Au contraire, en début de matinée (avant 7 heures), nos capacités intellectuelles seraient au plus bas, de même qu’entre 13 heures et 15 heures, le moment du célèbre « coup de barre ». Le début de soirée (20 heures) est le moment du retour au calme. D'autres facteurs peuvent jouer sur ces pics ou baisses d'activité.

Pour de nombreux professionnels, il est également essentiel d’avoir des heures de repas fixes et de ne pas en sauter. Pour vraiment respecter notre rythme interne, il faudrait manger quand on a faim et dormir quand on en ressent le besoin, mais il est souvent impossible de suivre ce rythme à cause de notre travail et vie de famille. Les personnes qui travaillent de nuit sont les plus touchées par un dérèglement de l’horloge interne et les effets de ce décalage se ressentent sur leur santé (elles sont plus susceptibles de développer une dépression, par exemple).

Remettre les pendules à l’heure !

Parfois, il n’est pas si facile de se resynchroniser avec la journée terrestre. Pour les aider, de plus en plus de personnes ont recours à un traitement dont le principe est tout à fait naturel : la luminothérapie. La lumière, comme dit plus haut, règle notre rythme interne, et ce, en passant par l’œil. La luminothérapie consiste à exposer le patient à une lumière artificielle qui reproduit la lumière du soleil (mais sans les infrarouges et les UV, mauvais pour la cornée), pendant quelques minutes ou plusieurs heures, afin de remettre leur horloge biologique à l’heure. La lumière bloquerait la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, et augmenterait la production de sérotonine, un neurotransmetteur qui a un effet antidépresseur. D'après de nombreuses études, la luminothérapie peut être efficace en cas de troubles du sommeil (chez les personnes âgées et les adolescents, par exemple), de dépression saisonnière, ou pour aider à combattre les problèmes et les troubles liés au travail de nuit et au décalage horaire.

Sources internet :
Avec la collaboration de Gérard Pons

Gérard Pons Gérard Pons est spécialiste et conseil en matériel de luminothérapie et éclairage. Son intérêt pour cette méthode fait suite à sa propre expérience de thérapie et l'a amené à collaborer avec Norman Rosenthal (père de la luminothétapie actuelle) au sein du SLTBR (Society for Light Treatment and Biological Rythms). Il est également animateur du C.E.I.L.T, Centre Européen d'Information sur la Luminothérapie et auteur de deux livres sur ce domaine : - Soif de Lumière, aux Éditions JOUVENCE - Du Soleil Plein la Tête, aux Éditions QUÉBÉCOR