L'essentiel du lumbago en 4 points

par STEPHANE MILLET

« Je ne sais pas comment j’ai fait ça, je jouais au tennis avec mon collègue comme tous les Mardis et en plein milieu du match, après un service, une douleur que je n’avais jamais ressentie s’est déclenchée dans le bas du dos. La défaite par K.O. était alors inévitable ! »

Il n’est pas rare que certains se plaignent d’un mal de dos au niveau des lombaires suite à des mouvements du quotidien. Passé un certain âge, un geste un peu trop brusque et c’est le tour de rein assuré. Cette douleur qui se déclenche dans le bas du dos est caractéristique du mal de dos à l’approche de la cinquantaine. Il s’agit également de la première cause d’invalidité au travail chez les moins de 45 ans. Mais entre les lombalgies, les « tours de reins », les dos bloqués et les lumbagos, que doit-on comprendre ?

La lombalgie qu’est ce que c’est ?
Comprendre son lumbago

Le fait de souffrir en bas du dos (vertèbres lombaires) constitue en soi en une lombalgie. Cela provient généralement d’une dégénérescence du disque intervertébral liée à une mauvaise utilisation de son dos ou simplement à la vieillesse. Or, ce disque joue un rôle clef de ressort entre les vertèbres.

Lorsque ce dernier commence à s’affaisser ou à se déformer, les chocs entre vertèbres sont possibles et l’équilibre de la colonne vertébrale est en en danger. Si deux vertèbres entrent en collision et viennent pincer le nerf intervertébral : c’est le lumbago !

Ce dysfonctionnement au niveau des vertèbres lombaires peut déclencher des douleurs nerveuses et musculaires dans tous le corps. Les muscles pourront en effet se contracter lors du lumbago (contraction réflexe) et rester « bloqués ». La tension est telle que l’on a du mal à changer de position. Lorsqu’on est bloqué de la sorte, on parle alors de « tour de rein ».

En bref, le choc de deux vertèbres (lumbago) peut pincer un nerf et entraîner ainsi une contraction réflexe des muscles qui vous empêche de bouger : c’est le tour de rein.

Votre train de vie mène souvent à la lombalgie

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour ce genre de pathologie. La sédentarité est ainsi l’une des principales causes de ce type de mal de dos parce qu’elle entraîne un appauvrissement dans le fonctionnement de vos membres inférieurs et de votre dos. Et ce tant en qualité qu’en quantité.

Sur le plan quantitatif car on sollicite peu notre colonne vertébrale et les muscles intervertébraux; mais également sur un plan qualitatif parce qu’en travaillant moins, les parties du corps non sollicitées travaillent surtout moins bien.

« J’ai un peu mal au dos, alors c’est toi qui porte les courses hein ... »

En réalité vous craignez de solliciter votre dos et ce dernier ne répond pas adéquatement lorsque vous faites un effort que vous n’avez plus l’habitude de fournir.

L’exemple type vous le connaissez peut-être si vous avez déjà été plâtré. La taille et la capacité de vos muscles se réduisent puisque vous ne les utilisez plus. Ce sont alors d’autres parties du corps qui compensent cette carence. En conséquences, les jambes et muscles du dos peu utilisés se raidissent lors d’une lombalgie, favorisant ainsi une aggravation de la pathologie.

Le manque d’effort et le déficit musculaire qui en découle constituent une des causes du mal de dos. Mais a contrario une personne qui, loin d’être sédentaire, force souvent mais incorrectement aura elle aussi plus de chances de se bloquer le dos. Cela comprend notamment les emplois physiques, ceux soumis à beaucoup de vibrations ou encore les postes stressant.

Il faut également prendre en compte certaines corpulences qui peuvent aggraver le risque de lombalgie :

Mon lumbago, et après ?

La douleur est vive, aiguë et apparaît lors d’un effort. Généralement lorsque l’on fait un geste brusque ou lorsqu’on se relève trop vite d’une position penchée. On se retrouve souvent bloqué au lit pour une période courte.

Mais attention aux fausses idées. Les professionnels s’entendent sur le fait que le repos couché doit être le plus court possible. Uniquement tant que la douleur est trop forte pour atteindre une autre position, quelle qu’elle soit. Il faut ensuite adopter une position assise, dans un fauteuil par exemple, puis recommencez rapidement à marcher en faisant attention. Le premier réflexe doit être ne pas laisser la douleur vous immobiliser. Combattez là ! Marchez, déplacez vous pour faire travailler les muscles et empêcher vos os de se détériorer.

La douleur ne durera que quelques jours mais votre dos sera soumis à d’éventuelles récidives. On parlera alors de lumbago chronique : vos vertèbres entrent en contact fréquemment. Il s’agit de signaux forts que votre dos vous envoie et auxquels il faut faire extrêmement attention ! Cela peut présager une hernie discale ou une sciatique, qui durera bien plus longtemps et sera autrement plus dangereuse !

Que penser de la chirurgie contre les lombalgies chroniques ?

Contre ce genre d’affection, les chirurgiens seront amenés à pratiquer une arthrodèse qui consiste tout bonnement à souder deux vertèbres l’une à l’autre pour éviter les chocs douloureux qu’il pourrait y avoir entre elles. On parle alors de fusion qui peut se pratiquer par devant (au niveau du cou ou du côté de l’abdomen selon les vertèbres que l’on veut cibler) ou par derrière (dans le dos).

Une alternative à cette technique serait de remplacer le disque intervertébral par une prothèse. L’intervention s’appelle alors l’arthroplastie et elle permet théoriquement de retrouver une mobilité importante du rachis aux endroits où ce dernier avait pour habitude de se bloquer (souvent entre les mêmes vertèbres). Les pratiques mini-invasives (ouverture minime du corps) que l’on sait désormais pratiquer pour réparer les problèmes du rachis ne laissent quasiment plus de cicatrices et sont efficaces.

En revanche, il n’est pas prouvé que les résultats soient meilleurs qu’avec une bonne rééducation. Les professionnels préfèrent souvent réorienter les lombalgiques vers des écoles du dos qui existent pour vous apprendre à ménager votre dos. L’opération peut s’avérer efficace mais si le patient continue à adopter des postures qui dégradent son dos, le mal reviendra inévitablement.

De plus, les exercices de rééducation sont quoiqu’il arrive une nécessité si vous souffrez du dos. Ne restez pas bloqué, tordez plutôt le cou de votre tour de rein en travaillant les postures saines pour votre colonne vertébrale ! Et si vous essayiez le Yoga contre le mal de dos ?

Sources internet :
Avec la collaboration de Carole Beauvallet

Carole Beauvallet Carole est ergothérapeute à Toulouse. Son travail consiste principalement à analyser le quotidien de ses patients pour en étudier les pistes d'améliorations. Ses recommandations portent sur la posture et les mauvaises habitudes à oublier. Elle est ainsi amenée à travailler avec tout type de personne : enfants, personnes en situation de handicap, personnes âgées, etc.

Avec la collaboration de Nicolas Cardonne

Nicolas Cardonne Masseur Kinésithérapeute à Toulouse (31), au cabinet de kinésithérapie "Côté Kiné". Mon ambition est de mettre en place une approche kinésithérapique à la fois humaine et en continuelle formation.

Avec la collaboration de Thibault Biason

Thibault Biason Masseur Kinésithérapeute à Toulouse (31), au cabinet de kinésithérapie "Côté Kiné". Passionné de rugby, je travaille régulièrement dans le milieu sportif.