J'arrête de fumer : quelle méthode choisir ?

par ANAÏS PORTEFAIX

Vous avez pris votre décision, le jour J approche, et vous vous demandez quelle méthode choisir pour arrêter de fumer définitivement ? Sachez qu'il n'y a pas de "meilleure méthode" si ce n'est celle qu'un professionnel de la santé vous connaissant bien (votre médecin traitant par exemple) pourra vous conseiller.

Beaucoup de gens essaient d'arrêter du jour au lendemain, avec leur volonté pour seule alliée. D'autres font appel à leur médecin ou à la ligne tabac-info-service. On peut opter pour les patches à la nicotine, ou obtenir une ordonnance pour essayer les médicaments anti-tabac. Ces produits ne fonctionneront que si vous êtes ferment résolu et préparé à abandonner vos habitudes tabagiques.

Voici des informations chiffrées sur les principales méthodes de sevrage, qui vous aideront peut-être à choisir celle qui vous convient.

Pouvez-vous arrêter de fumer sans aide ?

Seulement 3% des ex-accrocs au tabac ont réussi à arrêter de fumer sans aucune aide. Aujourd'hui, les spécialistes conseillent de commencer par faire évaluer votre degré de dépendance par un médecin, afin de concevoir un programme de sevrage adapté à vos besoins, à votre état de santé et à vos habitudes tabagiques.

De plus en plus de professionnels de santé offrent leur aide : cabinets infirmiers, pharmacies, centres anti-tabac, sont autant de lieux où vous trouverez des groupes de parole et des rencontres hebdomadaires pour faire le point. Renseignez-vous sur les aides disponibles dans votre région !

S'informer pour mieux lutter :

Une vaste production de dépliants, livrets d'information, affiches, etc. informent sur les dangers du tabac et les manières d'arrêter de fumer. N'hésitez pas à en réclamer à votre médecin, pour les consulter, et les éparpiller chez vous, afin de vous redonner du courage dans les moments difficiles. Cette documentation amène 1% des fumeurs et fumeuses à arrêter. C'est modeste, mais pas inutile.

Prendre des médicaments pour arrêter de fumer : bonne idée ?

Les médicaments disponibles sur ordonnance sont efficaces à 20% pour le bupropion et 23% pour la varénicline. C'est le pourcentage des personnes ayant suivi le traitement qui n'ont pas repris la cigarette après 12 mois.

Ces médicaments agissent directement sur le cerveau, pour atténuer le manque de nicotine, mais leurs effets secondaires ne sont pas très bien connus ni maîtrisés.

Les produits de substitution à la nicotine, comme les patchs, les inhalateurs ou les gommes à mâcher sont disponibles en commerces et en pharmacie, sans ordonnance. Ils vous permettent de diminuer progressivement la dose de nicotine apportée à l'organisme, et réduisent les effets désagréables du sevrage.

Quelles alternatives aux traitements classiques ?

Tout le monde ne souhaite pas faire appel à un traitement médicamenteux pour arrêter de fumer, donc on peut préférer essayer les médecines alternatives, telles que l'hypnose et l'acupuncture, qui n'ont aucun effet néfaste. Mais on n'a pas pu prouver qu'elles soient efficaces.

Néanmoins, l'acupuncture a intégré bon nombre de programmes réputés efficaces, notamment dans des hôpitaux américains.

« On peut estimer à un patient sur deux en acupuncture qui arrêtera le tabac. » Jacques Deseau, Praticien d'Acupuncture traditionnelle

Jacques nous confirme : "Souvent ce sont les gros fumeurs qui arrêteront en trois séances sur dix jours. Bien entendu, ce sont encore une fois les femmes qui sont les plus réceptives et les plus motivées que les hommes. C’est encore plus accessible et facile à plusieurs car la motivation est de groupe. J’ai eu trois personnes qui travaillaient dans un salon de coiffure et bien évidemment ces trois personnes ce sont encouragées mutuellement pour réussir, elles ne fument plus, alors dans ce cas les statistiques sont meilleures…"

A quels symptômes s'attendre ?

Quelle que soit la méthode choisie, aucune n'offre des résultats supérieurs à 30%. Pourquoi est-il si difficile de passer plus d'un an sans fumer à nouveau ? Quiconque a déjà essayé, et échoué, connaît les symptômes physiologiques et psychiques du manque : frustration, irritabilité, problèmes de concentration, déprime, etc, sont responsables de plus d'un échec. Ils sont plus forts la première semaine, puis s'atténuent progressivement, en quelques semaines.

Mais il faut encore tenir bon après. La dépendance physique est difficile à vaincre, car votre corps réclame sa dose de nicotine de diverses manières, mais elle passe plus vite que la dépendance psychologique. Fumer est toujours associé à des gestes du quotidien : boire un café, parler au téléphone, sortir après le repas. Vous avez peut-être associé la cigarette à des états émotionnels tels que l'anxiété, la timidité ou l'ennui. Ou vous percevez peut-être une pause cigarette comme une récompense après avoir mené à bien l'une ou l'autre tâche.

La plus grande difficulté consiste à rompre ces rituels. Pour ce faire, il est indispensable de les observer et de les comprendre, pour s'y préparer et ne pas craquer quand vous vivrez de nouveau ces situations ... sans cigarette.

C'est donc à vous de choisir la méthode qui vous paraît la plus adaptée. Dans tous les cas, le soutien de vos proches sera un plus. Bien que l'on conseille de mesurer votre dépendance, une forte addiction n'implique pas forcément d'avoir recours aux médicaments, et une dépendance plus faible n'est pas toujours si facile à vaincre. Que vous appréciiez encore de fumer ou non ne veut rien dire. Votre succès dépend surtout de votre détermination et de votre personnalité.

Sources internet :
Avec la collaboration de Jacques Deseau

Jacques Deseau Jacques est un Acupuncteur Traditionnel à Paris. Il suit les écrits et les enseignements du Grand Maitre Georges Soulier de Morant. Jacques est également Président du Syndicat Européen des Acupuncteurs Traditionnels et Shiatsu-Ki.