Défi du lundi #1 : j'arrête de fumer

par CHARLOTTE BONNARD

Le défi du lundi, qu'est-ce que c'est ?

Le lundi, souvent diabolisé par nombre de travailleurs peu motivés à retourner travailler après un agréable week-end, contient pourtant un éventail de possibles : le lundi, c'est le jour où tout commence. Si on jette un oeil à son étymologie , le terme lundi vient de la Lune, soit une référence aux cycles lunaires. Quoi de plus poétique pour commencer la semaine ?!

Le lundi, donc ça peut aussi être positif (et heureusement). Et si c'était l'occasion de prendre de bonnes résolutions ?! Comment me direz-vous ? Tout simplement en mettant en valeur des personnes comme vous, comme moi, qui ont choisi de se motiver et de faire partager leur expérience. Rien de tel que de commencer la semaine avec un challenge motivant, non ?! Sous forme d'interview, vous découvrirez au fur et à mesure des lundi, des témoignages sur des combats du quotidiens, des expériences, des résolutions, qui mettent de bonne humeur, en espérant que cela poussera d'autres personnes à en faire de même !

Et parce que les exemples illustrent toujours mieux nos propos, voici Simon qui sera le premier à faire l’expérience du défi du lundi !

Simon, cobaye du défi du lundi #1

Défi du lundi #1

Aujourd’hui, c’est Simon de Malea qui se lance. Il va partager avec vous sa semaine, les moments difficiles, ses anecdotes, et ses conseils pour ceux qui souhaitent en faire de même. Il répond à nos questions sur ses nouvelles résolutions, ses motivations, ses difficultés...

Le défi : j'ai décidé d'arrêter de fumer

Depuis combien de temps ? 1 semaine déjà :)

L'objectif : arrêter pour toujours !

Quel type de fumeur tu étais ?

"Même si je fumais quotidiennement, je me qualifierai plutôt de fumeur "social". Pour résumer, je fumais quelques cigarettes par jour (une le matin, une après le déjeuner, une après le travail, une dans la soirée, et parfois un peu plus)... En fait, c'est quand je suis entouré d'amis, dont une grande partie fume, que ma consommation devient la plus importante. En ces occasions, il peut m'arriver de fumer plus d'un paquet. Le fait est que je suis quelqu'un de sociable. Donc pour la santé de mes poumons, j'ai deux possibilités : me retirer sur les sommets alpins ou himalayens comme l’ermite méditant sur les secrets de la vie et l'essence du monde (sympa mais sans doute monotone), ou arrêter la clope...

Comme je ne me suis jamais vu comme un "gros fumeur", qui avait une addiction réelle à la cigarette, je n'ai jamais réellement perçu l'urgence de cette résolution, jusqu'à maintenant du moins."

Qu'est-ce qui t'as motivé ?

"Je sais que cette habitude est héritée de mon adolescence « rebelle », et qu'à ce moment ça faisait bien de fumer. Ce n'est pas très original voire même caricatural, mais je crois que l'on est beaucoup dans ce cas. Aujourd'hui je me rends bien compte que ça paraît ridicule avec le recul, mais on ne peut pas revenir en arrière. D'ailleurs, je ne souhaiterai pas revenir en arrière. Le problème, c'est que la cigarette m'a accompagné au quotidien depuis toutes ses années, silencieusement, parce que je ne fume pas beaucoup, mais elle a continué à grignoter ma santé sans que je m'en aperçoive réellement.

Je n'aime pas l'idée d'être dépendant de quelque chose. Je suis, pour ainsi dire, épris de liberté (et c’est bien pour cela que je veux mettre un terme à cette addiction pour de bon !).

Je dirai aussi que l'idée de mourir jeune ne m'est pas une pensée particulièrement réjouissante … Attention, je ne veux pas non plus verser dans le classique : la cigarette, c'est mal, j'arrête pour être en meilleure santé. C'est vrai, mais pas uniquement. Même si j'avoue que les articles de Malea sur la cigarette (que vous avez écrit toi, Stéphane, Charlotte et Anaïs) m'ont aussi pas mal refroidi sur les multiples risques des fumeurs !

Autre élément décisif : la trentaine. Je me suis toujours dit qu'à un certain âge, j'arrêterai de fumer. Me voici trentenaire depuis peu, et je ne me vois pas vieillir avec la cigarette ! Je dirai que tout simplement je n''assimile plus la cigarette à ce petit côté rebelle que j'avais plus jeune, et maintenant que j'ai d'autres façons de m'exprimer et d'affirmer mes opinions, la cigarette n'a plus tout à fait cette utilité. Ce que je savais déjà, mais les illusions la jeunesse peuvent aussi être belles... Savoir et connaître la vérité et décider de l'appliquer à sa réalité, ce sont deux choses différentes. Alors, à 30 ans, j'estime qu'il était sans doute temps de se motiver ! Et ça me donne l’occasion de tester ma volonté (un petit challenge ne fait pas de mal de temps en temps !)."

Y a-t-il eu un moment « déclic » pour te pousser à l’acte ?

Oh que oui : le fameux footing du dimanche… Je suis parti guilleret courir avec une amie, parce que je n’avais pas couru depuis longtemps ! Je me suis dit que ça me ferait du bien… Oui, mais voilà le problème : ancien asthmatique et fumeur, mes poumons n’ont pas fait long feu… 600 m et j’étais déjà en train de tousser, essoufflé, en train de « cracher » mes poumons. Bref, je me suis rendu compte que la cigarette m’empêchait de courir, et ça m’a fait peur de voir les dégâts… Du coup, dès le lendemain, je n’avais qu’une idée en tête, « il faut que j’arrête ».

Je rajoute que je ne me suis pas juste dit "à cause de la cigarette, je n'arrive plus à courir". C'est plutôt que ça m'a fait réfléchir sur des questions plus "existentielles". Comme : quelle image j'ai de moi, comment je me vois dans le futur, est-ce que j'ai vraiment besoin de fumer, est-ce que le plaisir de fumer est suffisamment important par rapport aux risques que je cours, justifie t-il de sacrifier en partie sa santé? La réponse est évidente... En résumé, le jogging, c'est un élément déclencheur qui a fait effet boule de neige..."

Les moments durs de la semaine ?

"En fait, pendant la journée, le manque ne s'est pas tant fait sentir que ça. En même temps, étant donnée ma consommation, je m'y attendais un peu. Au travail, j'ai dit quelques fois avoir envie de fumer, et j'étais un peu plus speed que d'habitude, mais rien de trop dur. En revanche, le soir, ça s'est corsé... Premier bar avec les copains, première bière, discussion animée, quelques uns qui sortent "s'en griller une". J'ai ravalé en partie ma fierté. J'étais même à deux doigts de reprendre. Chaque sortie de la semaine, c'était comme une épreuve, j'y pensais avant, pendant, après. Pas uniquement à l'envie, mais à comment je devais réagir quand les autres iraient fumer, à prendre mes chewing-gums avec moi, à rester zen malgré tout... La cigarette a plus occupé mes soirées que lorsque je fumais ! Comme je l'ai dit plus haut, je suis un fumeur surtout social, la cigarette est particulièrement tentante associée à 2 activités :

Du coup, frustration au rendez-vous à chacun de ces moment-là. Je me suis réfréné (avec succès depuis une semaine pile), et je sens encore qu'il manque quelque chose à chaque fin de repas.

Pareil pour tous les moments stressants : je suis en retard, je n'arrive pas à boucler un dossier, je ne suis pas d'accord avec quelqu'un...la pulsion de cigarette monte très vite... Et je dois vite prendre un chewing-gum pour compenser!"

Qu’est-ce que tu as utilisé pour moins ressentir la sensation de manque ?

"J’ai carburé auxchewing-gums (et bonbons) toute la semaine (plusieurs paquets y sont passés…). Je m'en sers comme d'un substitut, je mâche quelque chose en quasi permanence, mais ça rend moins difficile mes envies de cigarette ! Je sens aussi que le manque me rend un peu plus nerveux que d’habitude, mais rien de comparable avec la mauvaise humeur ou l’irritabilité qu'on peut voir dans le film « le pari » !"

Aujourd’hui, comment te sens-tu ?

"Pour le moment, cela ne fait qu'une semaine mais c'est vrai que mes douleurs de poitrines ont disparues, je respire bien mieux et je suis content de me tenir à ma nouvelle résolution. En outre, la satisfaction de ne pas être esclave d'une invention machiavélique des industriels du tabac, est une certaine réjouissance ! C'est tout simple, mais en même temps c'est vrai !

En revanche, je ne suis pas non plus partisan de la diabolisation de la cigarette. Fumer une cigarette de temps en temps, je ne l'exclu pas non plus. Mais comme je l'ai déjà dit, je fumais presque un paquet par jour, et l'addiction avait depuis longtemps remplacé le plaisir de fumer. Alors pour pouvoir me permettre un jour de fumer une blonde entre ami un samedi soir, je pense que je dois passer par une longue période de sevrage, histoire de me débarrasser de l'addiction.

Il ne faut pas non plus que la cigarette devienne une frustration, un désir non assouvi qui obsède. Il faut prendre du recul et la voir pour ce qu'elle est : une drogue, mais qui procure malgré tout du plaisir, un plaisir fugace qui vaut bien moins que notre santé !^^"

Effectivement, les dangers de la cigarette pour la santé sont nombreux, mais il est parfois difficile de trouver le bon moment, et surtout d'avoir un entourage compréhensif et qui nous soutient. Car au final, ce n'est pas le manque physique qui est le plus présent. Comme le dit Simon, c'est quand il sort et qu'il se retrouve au milieu d'autres fumeurs que l'envie resurgit ! D'ailleurs, si vous souhaitez vous aussi arrêter de fumer, voici quelques astuces pour vous lancer : 10 résolutions pratiques pour arrêter de fumer !