Bagage génétique : le poids de vos douleurs héréditaires

par STEPHANE MILLET

Le mal de dos est une pathologie dont l’apparition est souvent inexpliquée. Comme beaucoup de sujet, il donne lieu au débat bien connu de l’inné ou de l’acquis.

Pour bien le cerner, il est primordial d’aborder le corps dans sa globalité. Vous me direz : difficile pourtant de relier un orteil cassé à un mal de dos pour le commun des mortels. Pourtant, les professionnels eux, s’attardent grandement sur ce genre de problèmes ! Une petite modification de vos habitudes, une blessure, une fracture peut changer profondément votre posture et générer un mal de dos irréversible.

« Le mal de dos, c’est génétique ! Mon père avait mal au dos, alors j’ai mal au dos ».

Peut-on s’en arrêter à ce constat ou doit-on rappeler que si nous partageons ce fardeau avec sa famille proche, nous le partageons aussi et surtout avec 80% des êtres humains ? Une corrélation étrange il est vrai mais il semble que certaines pathologies dorsales particulières aient un caractère hérité, donc certainement génétique.

Est-il possible de déceler un mal de dos dès la naissance d’un enfant ?

Compte tenu de la non motricité des nouveau-nés, il semble difficile de déceler des pieds plats ou une dégénérescence prématurée du disque intervertébral de but en blanc. Ce qui permettrait alors de trouver une pathologie particulière du dos serait la découverte d’un gène particulier. Or, la recherche ne permet pas encore d’établir un bilan génétique suffisamment complet qui ferait une relation entre mal de dos et vos proches.

Par conséquent les chercheurs procèdent autrement. La solution pour déterminer le caractère hériditaire ou non de votre mal de dos est ainsi d’étudier des vrais jumeaux (patrimoines génétiques similaires).

En 1999, chez 60% des 400 jumeaux analysés lors une étude, on a retrouvé des gènes défectueux pouvant expliquer leur mal de dos. On remarque également que la forme et l’épaisseur des disques intervertébraux ainsi que les becs de perroquet sur les vertèbres (excroissances osseuses à l’origine de maux de dos) sont quasi uniformes chez les jumeaux.

En bref, il « n’y plus qu’à » trouver le gêne en question pour arriver à une conclusion sur l’hérédité du mal de dos, et qui sait, résorber ce phénomène.

Le poids de la vie pèse sur votre mal de dos

Une chose est certaine : une personne qui fait attention à son dos et fait des efforts sur la balance aura plus de chances d’avoir un dos en bonne santé que son jumeau (ou jumelle) qui lui soulève des charges à bout de bras tout la journée, en sollicitant son dos plus que ses genoux. Outre le génome, ce qui compte ici c’est l’usure du rachis (colonne) vertébral.

C’est l’argument principal des partisans du « tout mécanique ». Selon eux, le mal de dos, loin d’être génétique, dépendrait uniquement des habitudes de chacun et de l’utilisation que l’on fait de son dos. Argument recevable effectivement et qui fait ses preuves scientifiquement contrairement à son adversaire.

En effet, il est prouvé statistiquement, et les radios l’expliquent également, qu’un pilote d’hélicoptère soumis à des vibrations continues dans son métier souffrira plus du dos que la moyenne des gens.

Le paradigme en place de nos jours précise donc bien que le mal de dos peut avoir un caractère héréditaire qui fragilise la structure de la victime (pieds plats, orteils en griffe, cyphose, etc) mais cela n’explique pas tout.

A titre d’exemple, la maladie de Scheuermann, considérée comme héréditaire, favorise la détérioration des disques intervertébraux et les lombalgies. Mais plus qu’une pathologie en soi, il s’agit d’une faiblesse physiologique qui créera un terrain favorable à la détérioration de la colonne lors de mouvements.

Les différents troubles statiques et leur conséquences

D’après Nicolas Simonet, Podologue, il est en revanche certain que les déformations morphologiques innées ou acquises ont des conséquences sur notre mal de dos. En podologie, on parle de troubles statiques. En effet, le corps est une réaction en chaîne et la moindre déformation du bas du dos, aura des conséquences jusque dans les cervicales !

Les tensions sont alors inévitables, les pressions sur les disques intervertébraux sont démultipliées et votre colonne se déforme. Or vous voulez pourtant vous tenir droit donc vous compensez avec le reste de votre corps. Cela entraîne une nouvelle déformation et c’est souvent la nuque qui va compenser afin de garder la tête la plus droite possible. Les douleurs dorsales sont dès lors inévitables.

En bref, il existerait des déformations congénitales, des troubles de croissance, qui entraîneront presque immanquablement un mal au dos si l���on ne s’en occupe pas. Mais dire qu’il s’agit uniquement d’un mal héréditaire serait mettre un voile sur la réalité.

En revanche, retenez qu’une mauvaise posture entraînera immanquablement un mal de dos, c’est mécanique. Cela peut d’ailleurs être aggravé par une fracture. Si vous vous êtes fracturé la cheville il y a un bon moment, il y a des chances pour que vous compensiez toujours les poids à supporter avec l’autre cheville. Ce genre de réflexes à terme mènera à une arthrose aggravée de certaines parties du corps et à des douleurs inévitables !

Heureusement, face à tant de mauvais présages, des solutions existent. Tout d’abord, ménagez votre dos en pensant à son fonctionnement puis n’hésitez pas dans le cadre de nos exemples à consulter un podologue qui pourra vous confectionner des orthèses plantaires ou de semelles orthopédiques adaptées à votre affection. Les résultats sont très encourageants !

Sources internet :
Avec la collaboration de Nicolas Cardonne

Nicolas Cardonne Masseur Kinésithérapeute à Toulouse (31), au cabinet de kinésithérapie "Côté Kiné". Mon ambition est de mettre en place une approche kinésithérapique à la fois humaine et en continuelle formation.

Avec la collaboration de Nicolas Hyung Jin SIMONET

Nicolas Hyung Jin SIMONET Pédicure-Podologue, à la Clinique Pasteur, Toulouse, diplômé à l'institut de formation de pédicurie et podologie de Purpan, spécialisé en pédo-diabétologie, titulaire d'un D.U en podologie du sport et d'une formation dans l'éducation thérapeutique du patient. « Chaque nouveau jour est pour moi un apprentissage. Il est essentiel de s'informer et toujours rester ouvert. La podologie évolue vite, ses connaissances peuvent, en cinq ans, être frappées d'obsolescence. Ma vision de la podologie et de la santé : inscrire nos démarches dans la pluridisciplinarité.

Avec la collaboration de Thibault Biason

Thibault Biason Masseur Kinésithérapeute à Toulouse (31), au cabinet de kinésithérapie "Côté Kiné". Passionné de rugby, je travaille régulièrement dans le milieu sportif.